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Lorsque j’ai commencé à gribouiller sur mes chèques, je crois que ça m’amusait simplement. Puis, ils m’ont servi de monnaie d’échange pour payer le psy. ou je les donnais contre des services que l’on me rendait ou que l’on m’aidait. Pour une exposition, j’en ai reproduit six, à cent exemplaires chacun. À partir de là, j’ai commencé à accumuler : fanzines, tatouages, albums de musique, dessins, tout ce qu’on voulait bien m’échanger contre mes repro’. Avec l’aide de la région et de toutes les personnes impliquées, j’ai fini par reconstituer mes carnets de chèques dans l’idée de vendre cette édition produite en 1000 exemplaires. Le dessin ne représente ou ne simule plus seulement l’argent et les transactions, il permet d’en obtenir. Du chèque aussi blanc que mon compte, à la circulation de cette monnaie par le troc, jusqu’à la mise en vente de chéquiers risographiés, j’ai progressivement déplacé la valeur sans jamais la stabiliser. On n’achète pas de l’argent. On achète son image. Mais cette image produit malgré tout des effets économiques. C’est là que se situe la blague. Présenté pour la première fois aux Ateliers 3A, ce livre condense cette trajectoire. Il constitue une étape dans ma recherche autour du Minmaxing appliqué à l’existence : une tentative d’extraire de la valeur à partir de l’image de l’argent, et de vérifier jusqu’où cette fiction peut produire des effets réels.